Le mot de Didier Galas
En 1991, avec Laurent Poitrenaux, nous avons créé un tour de chant a-capella dont le répertoire était constitué de chansons françaises comiques, riches en jeux de langage à dominante absurde. En cherchant un nom pour ces deux frères chantants, « Lidonnes » s’imposa. Puis, par jeu, nous avons créé une vraie fausse réalité autour d’Émile et Marcel (les Frères Lidonnes) : une famille bourgeoise de province, une relation fraternelle dévorante et des tournées triomphales sur les plus grandes scènes de la planète. Sur la lancée d’un esprit burlesque à double-fond, nous avons donné un nom à la structure qui encadrerait les tournées de nos Frères Lidonnes, et en plaçant « ensemble » devant « Lidonnes », l’Ensemble Lidonnes est né.
Mon frère de scène et moi étions alors deux jeunes acteurs et nous ne voulions pas que notre parcours dans le monde du théâtre ne se résume qu’à la conquête progressive de la place que nos célèbres aînés occupaient. Nous voulions trouver une manière différente de construire notre chemin. Puis, les années passant, alors que Laurent poursuivait une brillante carrière d’acteur, une recherche personnelle sur le jeu masqué m’a amené à partir sur les routes de l’Asie et de l’Amérique du Sud. C’est comme ça que j’ai amorcé une recherche théâtrale qui m’a conduit à prendre les rênes de l’Ensemble Lidonnes pour créer des spectacles, ouvrir des champs de travail, tenter de nouvelles expériences théâtrales… avec le regard de Laurent qui n’est jamais très loin.
Mais l’origine singulière de notre Ensemble, décalée, burlesque et fictionnelle, est fondamentale ; elle conduit à un humour, une ouverture d'esprit et un principe d’échange qui sont essentiels aux créations de l’Ensemble Lidonnes.
Didier Galas

Le mot de Laurent Poitrenaux
Il y a une quinzaine d’années, naissaient les Frères Lidonnes, au détour d'un pari amical avec Didier Galas. Ce duo chantant, haut en couleurs, concrétisait artistiquement une complicité qui aboutit à la création de l'Ensemble Lidonnes.
Créer cette compagnie, ensemble, répondait à une envie d'autonomie créatrice, à une volonté de sortir du statut de l'acteur, uniquement interprète, au service d'un auteur, d'un metteur en scène, d'un projet. Rêver l'Ensemble Lidonnes, c'était pouvoir passer du côté  du noir de la salle, réfléchir autrement à notre art, prendre de la distance.
Depuis, le démon du jeu a pris le dessus sur mes désirs d'indépendance. Mais Didier Galas, lui, a su donner l'impulsion nécessaire à l'Ensemble Lidonnes pour le faire grandir et réaliser à travers ses spectacles, les rêves de nos débuts. De nouveaux projets, de nouveaux rêves se profilent, et j'ai hâte d'en être le premier spectateur, car ils sont en résonances intimes avec les questions esthétiques et éthiques, que je me pose tous les jours dans mon art.
Et je sais que si un jour, je décide de passer de l'autre côté de la rampe, je le ferais avec le compagnonnage de l'Ensemble Lidonnes, où je trouverais la chaleur créatrice d'une famille choisie.
Laurent Poitrenaux